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Nelson

  • Nelson
  • Engagé depuis 1977

Piscicais depuis 2001
Modem depuis 2007
Anticor depuis 2009
Mail: anticor.poissy@gmail.com
  • Engagé depuis 1977 Piscicais depuis 2001 Modem depuis 2007 Anticor depuis 2009 Mail: anticor.poissy@gmail.com

phrase du jour

Je ne suis pas né Français ni même Européen, mais je suis Français et Européen.

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 15:32

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Cette réflexion me vient en lisant le blog d’Autheuil il y a quelques temps. Il y critique assez durement Nicolas About . Critique au combien méritée puisqu’elle porte sur son changement de camps éclair en échange de quelques sièges ce que l'on appelle familièrement "aller à la soupe".

Certains cas sont célèbres. Un des plus récent et impressionnant est bien sûr celui d'Eric Besson qui lâcha Ségolène Royal et le PS en pleine campagne électorale pour rejoindre Nicolas Sarkozy. Pourtant il n'avait pas de mots assez durs à l'encontre de ce dernier. Mais la promesse d'un poste gouvernemental, privilège à la clé a eu raison de toutes convictions et de toutes logiques. C'est malheureusement représentatif de nos politiques: paroles sans valeur, vénalité, appétit pour le pouvoir et surtout manque de vision. S'il  accepte les basses besognes, c'est pour une raison très simple: il n'a pas le choix. Il est complètement dépendant de Nicolas Sarkozy. Sans lui pas de poste au gouvernement ou d'investiture sur une liste ou circonscription gagnée d'avance: le chômage.

Mais ce ne sont pas les seuls cas.

Quand on est dans un petit parti aller à la soupe peut se justifier par un mode de scrutin trop discriminant rappelons que l'UMP avec ses 35% de voix au 1er tour est majoritaire à l'assemblée nationale. Les places sont donc plus rares et il y a des places à prendre dans les grands partis. L'argument (positif) le plus fréquent est celui de l'action : sans poste d’élu impossible d'agir et donc les idées ne servent à rien. Pourtant en pratique quand on se vend la condition associée est la soumission. Il n'est toujours pas possible de défendre ses idées: l’inaction est la même, seul le salaire change!


Dans certains petits partis, la vente de convictions n’est pas pourtant pas systématique. On peut leur reconnaitre ça même si on ne suit pas leurs idées. Mais ce n’est pas toujours par pureté du débat d’idée. Le sectarisme, la peur de perdre son électorat, le choix de s’installer dans une confortable situation d’éternel critique ou tout simplement parce que personne ne veut d’eux est souvent l’une des principales raisons. Rien de glorieux.


Je n’accable pas non plus le mode de scrutin. La proportionnelle avait mes faveurs il y a peu, mais je ne suis plus aussi catégorique. Il est vrai que le mode de vote des législatives déforme complètement la représentativité de l’Assemblée Nationale. Mais le système de proportionnelle par liste comme pour les Européennes a désigné des représentants comme Rachida Dati ou José Bové qui n’auraient eu aucune chance d’être élus autrement. Il faut bien élire nos représentants d’une manière ou d’une autre.


Je ne reproche non plus à personne de changer de parti. Le monde change, nous aussi, les partis plus difficilement (vous saviez qu’il existe toujours un parti communiste ?). Il n’y a rien de choquant de changer d’avis ou de parti dans une vie, au contraire. Ce qui peut choquer, c’est le contexte. Il y a une différence fondamentale entre un Hervé Morin et Jean-Christophe Lagarde. Le premier, comme Eric Besson, critiquait ouvertement Nicolas Sarkozy pour faire allégeance avant les élections, terrorisé de devoir affronter un candidat UMP. JC Lagarde rejoindra le nouveau-centre après avoir été élu.


Mais que penser des grands partis (UMP, PS) ? Sont-ils les seuls à ne pas « aller à la soupe » ? Quand on regarde de plus près. Ces groupes n’ont rien de solidaires, les guerres internes et les divergences d’opinions sont violentes. Autant au PS qu’à l’UMP même si ces derniers parvenaient à faire diversion jusqu’à « l’affaire clearstream ». Ces écarts de positions sont tout aussi forts qu’entre 2 partis. Les anti-sarkozystes sont nombreux alors pourquoi rester à l’UMP ? La raison est simple le PS et l’UMP ont des moyens financiers importants, une logistique rôdée et une armée de militants. Ce sont des machines à élire: le simple fait d’y appartenir vous offre des élections gagnées d’avance. Aussi il faut savoir mettre sa fierté de côté et baiser les bons pieds. Y entrer ou y rester c’est aussi « aller à la soupe ».


En fait, pour ne pas « aller à la soupe », il faut être libre. Il faut avoir une activité professionnelle garantissant une indépendance vis-à-vis d’un mandat. Il faut surtout être capable de perdre une élection par choix et donc ne pas vouloir faire une carrière de professionnel de la politique. Voir la politique comme une partie de sa vie, pas comme un but. Cela peut coûter cher, Philippe Seguin et d’autres en avait fait les frais.

Des femmes et hommes comme ça, il y a, mais pas beaucoup en politique.

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Published by Nelson - dans Réflexion
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