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Nelson

  • Nelson
  • Engagé depuis 1977

Piscicais depuis 2001
Modem depuis 2007
Anticor depuis 2009
Mail: anticor.poissy@gmail.com
  • Engagé depuis 1977 Piscicais depuis 2001 Modem depuis 2007 Anticor depuis 2009 Mail: anticor.poissy@gmail.com

phrase du jour

Je ne suis pas né Français ni même Européen, mais je suis Français et Européen.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 20:07
| Par Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg de MEDIAPART
 

Au lendemain des sénatoriales, les anciens ont refilé le tuyau aux petits nouveaux: ici, on a le droit d'embaucher sa femme, son père, sa fille, son gendre, etc., comme assistant parlementaire. Alors que le Parlement européen prohibe le recrutement de «parents proches» depuis 2009 afin de prévenir les emplois fictifs, les cas se comptent par dizaines au Palais du Luxembourg. La nouvelle majorité de gauche y changera-t-elle quelque chose? Comme tant d'autres, le socialiste Gilbert Roger, à peine arrivé, a salarié son épouse aussi sec.

 

 L'autorisation est d'ailleurs délivrée, noir sur blanc, dans les documents de bienvenue distribués aux nouveaux élus: ici, chacun dispose d'une enveloppe de 7.500 euros brut par mois pour salarier un, deux ou trois collaborateurs. L'un d'eux – un seul – peut être «membre de sa famille».

 

Simplement, les salaires de ces «assistants familiaux» sont encadrés: les épouses reçoivent un tiers au plus de l'enveloppe du parlementaire, soit 2500 euros brut par mois; les autres parents proches peuvent toucher jusqu'à 3800 euros. Sans compter 80 euros supplémentaires par année d'ancienneté.

 

Alors combien sont-ils exactement, ces «assistants familiaux», à travailler au Palais du Luxembourg ou en circonscription? Alors que les nouveaux élus n'ont pas fini de recruter, le service de presse avance déjà le chiffre de 64, rémunérés à temps plein ou partiel. Autrement dit: 64 sénateurs salarient un parent proche aux frais du contribuable – on en dénombrait même 76 à la veille des élections!

 

Ce chiffre est impossible à vérifier: aucune liste nominative des 901 assistants de sénateurs n'étant rendue publique, où fouiller... Un trombinoscope a bien été créé sur l'intranet du Sénat, mais l'inscription s'y fait sur la base du volontariat, après accord du parlementaire. Résultat: une minorité d'assistants s'y affichent, et certainement pas les cas problématiques.

 

Pour le syndicat des collaborateurs parlementaires du Sénat, l'USCP-Unsa, ce chiffre «pourrait être sous-estimé», notamment à cause des «embauches croisées» (“J'emploie ta femme, et toi la mienne”). «Une éventualité très limitée», selon le service de presse. Mais une éventualité tout de même.

 

Surtout, l'Unsa se dit «inquiète de voir le nombre d'emplois familiaux progresser» encore, à la faveur des dernières élections, «comme après les sénatoriales de 2008». Pour le syndicat, qui compte sur la nouvelle majorité de gauche pour agir, «le problème n'est pas l'existence d'emplois familiaux en soi»«la plupart sont des collègues qui travaillent effectivement et souvent beaucoup». En revanche, il dénonce les «emplois de complaisance», «qui représentent une proportion indéterminée mais importante», et «jettent l'opprobre sur l'institution parlementaire». Combien sont carrément fictifs?

 

«Si vous en trouvez un, vous me le dites», répond Jean-Marc Todeschini, nouveau questeur socialiste, désigné à ce poste de «grand argentier» du Sénat après la victoire de la gauche en septembre. Surveiller ce genre de dérives fait partie intégrante de son job. Le fera-t-il? Il se trouve que lui aussi, dans sa permanence de Moselle, emploie un membre de sa famille. Une drôle de permanence collective qu'il partage avec sa collègue Gisèle Printz (élue depuis 1996), et dans laquelle «logeait» aussi le sénateur Jean-Pierre Masseret jusqu'en septembre dernier (battu après vingt-trois ans de mandat). 

 

Dans ce bâtiment, on tombe non seulement sur la fille de Jean-Marc Todeschini (salariée par son père), mais aussi sur le neveu de Gisèle Printz (payé par sa tante) et sur l'épouse de Jean-Pierre Masseret (en contrat avec Mme Printz). Jusqu'aux sénatoriales de septembre, il fallait en plus compter la fille de Jean-Pierre Masseret (embauchée sur l'enveloppe de son père) et sa belle-fille (rémunérée par Jean-Marc Todeschini après l'avoir été par Jean-Pierre Masseret lui-même). Un journaliste met une semaine à y retrouver ses petits. En tout: cinq membres de la famille de l'un ou l'autre des sénateurs!

 

«C'est légal», répondent en chœur les intéressés. Au fil des ans, visiblement, les trois élus se sont réparti les contrats avec habileté, afin de respecter la règle d'un «assistant familial» par sénateur. Mais des opposants locaux s'offusquent, sous couvert d'anonymat, de cette «petite entreprise familiale», aux relents de «népotisme».

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Published by Nelson - dans Réflexion
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