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Nelson

  • Nelson
  • Engagé depuis 1977

Piscicais depuis 2001
Modem depuis 2007
Anticor depuis 2009
Mail: anticor.poissy@gmail.com
  • Engagé depuis 1977 Piscicais depuis 2001 Modem depuis 2007 Anticor depuis 2009 Mail: anticor.poissy@gmail.com

phrase du jour

Je ne suis pas né Français ni même Européen, mais je suis Français et Européen.

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 09:39

J'ai écrit ce texte il y a 2 ans,sur un autre site:

Je vais parler du Portugal que j'aime en essayant de faire court. Oui, j'aime le Portugal. Je commence à accumuler bons nombres de voyages dans de nombreux pays et ce n'ait certainement qu'un début. Pourtant il n'y a vraiment qu'au Portugal que je me sens aussi bien. C'est vrai que ce sont mes origines et j'en suis fier.
Je ne comprends pas ceux qui rejettent leurs racines, c'est une richesse qu'il faut cultiver. Je ne parle pas d'un fanatisme idéalisant ses origines mais d'intégrer cette partie de nous dans notre identité.
Cet amour rationnel a mis son temps pour éclore. Enfant le Portugal était la destination de jeux au soleil avec un groupe de copains. Adolescent, le groupe d'ami a changé et les occupations aussi, pour la plupart le Portugal se résume à plage et boite. Cela ne me passionne pas: je m'ennuis. C'est alors pour moi un lieu de vacances, s'installer définitivement me semble aberrant.
Puis je pars à Porto pour 18 mois, ce qui va doubler mon temps de séjour depuis ma naissance! La culture française me donne une distance critique. Les défauts de la société portugaise me saute aux yeux. Exposition des signes extérieures de richesse, c'est un défilé de BM et Mercos, haut de gamme, jusque dans la fac. Les ventes de portables ont déjà explosé alors que ce n'est que le début en France. Pourtant le niveau de vie est peu élevé, c'est l'endettement qui se développe de plus en plus. L'arrivée est brutale, l'administration est lente, désorganisée: nous n'étions pas attendu.
Se faire enregistrer est une galère, trouver un appart une aventure qui tourne à l'escroquerie. Les débuts sont difficiles.
Mais je suis au Portugal, on est en Février, il fait beau et chaud. L'accueil des portugais est exemplaire, souriants et bienveillants: les soucis disparaissent. Il suffit de demander son chemin pour se faire une idée: la personne intérogée ne finit pas de donner des explications détaillées avec bonne humeur. Il est arrivé que la personne interrogée soit un petit comerçant et devant la compléxité de la réponse préfère fermer boutique, prendre son vélo et dire "suivez moi!".
Les réponses sont par contre inégales, il vaut mieux demander plusieurs fois son chemin et éviter de questionner un groupe de personnes si vous êtes pressé: s'en suivra alors un concours entre eux pour celui qui donnera le meilleur chemin. La première richesse du Portugal est ses habitants. On peut opposer l'anarchisme latin à un respect rigoureux d'autres pays. Je suis toujours surpris de les voir faire la queue pour attendre le bus (et attention à ceux qui truandent!), qu'un vigile vienne voir une femme enceinte ou avec un bébé pour lui expliquer qu'elle est prioritaire et qu'elle ne doit pas faire la queue... Le portugais est bordélique mais se soigne.
Le temps est un autre avantage, ce dernier mois d'aout en a encore été la preuve pour les pauvres franciliens. Nous sommes en Europe, à 2h d'avion et il fait beau et chaud pendant que Paris est sous la pluie. Les côtes Portugaises sont une infinité de plages au sable fin, même si cela ne jamais vraiment attiré, d'autant qu'à part les rivages du Algarve les baigneurs doivent être munis d'une bonne resistance au froid.
La gastronomie. Celui qui a été au Portugal, même une semaine, s'en souvient au moins sur sa balance. Difficile de resister à tout ces plats... Le pays du poisson et des fruits de mer, spécialité de Porto, Aveiro, Peniche, Nazarré.... Le bord de mer en fait. Mais aussi des viandes grillées. Des repas simples mais avec des produits de qualité, pas de fioritures. Comment ne pas parler des fromages, bien-sûr il n'y a pas la diversité de la France, mais attendez de gouter à un "queijo de azeitão". De même pour les patisseries, c'est loin d'être le point fort mais un "pasteis de nata" n'a pas d'égal. Pour bien comprendre ce que j'entends par bordélique, essayez d'acheter un de ces délices à la "pastelaria de Belem" en pleine cohue.
Et bien-sûr à des prix modiques pour le français moyen.
Porto est une ville magnifique, encaissée dans la roche creusée par le Rio Douro. On peut visiter le vieux centre à pied, ses monuments, ses ponts, ses ruelles de pavés, ses places et la ribeira où j'ai vidé une bonne dose de balde de caipirinha partagé à la paille. Un tour de bus ou de tramway (pour les nostalgiques) et c'est la Foz, le bord de mer avec ses promenades et ses somptueuses villas. J'oubliais, Porto ce sont aussi ses caves: un pont à traverser et se perdre dans les ruelles de GAIA. Chaque ville est un joyaux, je pourrais parler de Lisbonne la capitale, Sintra la mystérieuse, Evora la médiévale...
La force du Portugal est aussi sa petite taille, tout est proche: la plage, les villes, l'Espagne, la capitale en moins d'une heure de route. Avec une densité importante, il reste beaucoup d'espace, de paysages inhabités, plats, vallonnés ou escarpés mais toujours beau.
Paysage désolé parfois, vestige d'un incendie précédent. Il ne reste plus rien, juste le silence coupé par le vent. Le bruit de notre respiration, des battements du coeur, deviennent étranges, assourdissants. La nature de faiblit pas, déjà les pins repoussent et cette année le Portugal ne s'est plus illustré dans ce domaine. Pampilhosa da Serra était devenue célèbre pour ses incendies propagés par les vents puissants et réguliers, aujourd'hui au milieu de pins en croissance, une forêt d'éolienne est apparue.
Fier de son passé et de son histoire (Il a compté parmis les premières nations du monde) le Portugal est un pays en évolution. J'ai vu construire sa première autoroute en bas de la maison de mes parents et Leiria ne ressemble en rien à ce qu'elle a été. Plus grande, plus belle. Parfois je ne reconnais plus Porto.
La fierté reste, j'achète souvant des produits au Portugal car ils sont moins chers et surtout fait au Portugal. Ils n'ont pas encore capitulé face aux illusions asiatiques. Alors quand je me demande où je pourrais m'expatrier plus tard, je pense au Brésil, à la Turquie. Mais surtout au Portugal.

Et je voulais faire court...

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Published by Nelson - dans Réflexion
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commentaires

Nemo 03/08/2009 21:07

Ton billet m'en a inspiré un Nelson. ;)

http://uniqueetcommun.blogspot.com/2009/08/la-saudade-du-portugal.html

Nelson 03/08/2009 21:23


Le Portugal est une muse...


Nemo 31/07/2009 11:03

Un démocrate qui pense tout comme moi qui plus est.
Bravo pour cet article Nelson.
Le Portugal, pour les lusodescendants, c'est une affaire de coeur.

Nelson 31/07/2009 15:43


Merci pour ce message.
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